Michel et Christine : Séjour Tango à Buenos Aires, Octobre 2016

“Ce séjour nous laissera un souvenir inoubliable”

Ce séjour Tango à Buenos Aires, a rempli toutes nos espérances.

Chloé nous accueille gentiment à l’aéroport à 7 h 45 du matin. Le chauffeur de taxi ne tarde pas à arriver pour nous conduire à notre hôtel. Il pleut, et les embouteillages sont nombreux, car, apprenons-nous, les Argentins prennent systématiquement leur véhicule dès qu’il pleut.
Nous sommes logés dans un hôtel typique du quartier San Telmo, aménagé dans un ancien « conventillo » comprenant un patio central autour duquel se trouvent les chambres. Cet hôtel présente un intérêt historique puisque les conventillos accueillaient les migrants Italiens et Espagnols, qui occupaient ainsi les anciennes demeures délaissées par leurs propriétaires lors de la fièvre jaune qui avait frappé la ville en 1871.
Puis Chloé nous offre un café dans le quartier de San Telmo. Elle en profite pour nous donner quelques indications sur les usages (par exemple, laisser un pourboire, comment demander l’addition, etc..) et nous accompagne à un bureau de change.
Ce premier contact avec la ville établi, nous défaisons les valises, déjeunons au restaurant de l’hôtel, puis partons faire une petite balade à pied dans le quartier.
A 19 h 00, nous sommes fin prêts à la réception de l’hôtel, où une navette vient nous chercher pour nous conduire au dîner-spectacle de tango, que Chloé a sélectionné pour nous. Celui-ci a lieu dans le quartier Florida. Nous avons tout d’abord une mini-initiation d’une demie-heure au tango argentin, dispensée par l’un des couples de danseurs du spectacle, dans une ambiance très chaleureuse et décontractée, dans une salle magnifique dédiée au grand Astor Piazzola. Il y a des gens de toutes nationalités, mais essentiellement des Brésiliens. Nous sommes les seuls Français.

Puis direction la salle où se déroulent le dîner et le spectacle, dans un décor tout aussi somptueux. Excellent dîner, servi par un personnel impeccable et aimable. Puis c’est le début du spectacle, et là, nous devenons deux statues de sel, tant nous sommes captivés. Il y a six musiciens, dont deux bandonéons. La musique nous imprègne et les danseurs sont fabuleux de grâce et de technicité. Puis la navette revient nous chercher pour nous reconduire à l’hôtel.

Jeudi matin, nous avons rendez-vous à 9 h 00 avec Elise, guide francophone qui va nous faire découvrir la ville. Nous prenons le bus pour nous rendre dans le fameux quartier de la Boca, et plus particulièrement Caminito, avec ses maisons colorées et ses statues représentant des personnages marquants de l’Argentine. Puis direction la « Plaza de Mayo», qui est le site central de la Ville. Il s’y déroule chaque jeudi les marches des mères et grands mères qui recherchent leurs enfants et petits-enfants pris par les appropriateurs pendant la dictature militaire entre 1976 et 1983. Au sol, des dessins blancs représentent le foulard blanc qu’elles portent, symbolisant les langes de leurs enfants. C’est également sur cette place que se trouve la « Casa Rosada », le palais présidentiel. Nous voyons notamment le balcon depuis lequel Eva Peron et son mari faisaient leurs discours au peuple. On y trouve aussi la cathédrale métropolitaine, dans laquelle se trouve un mausolée contenant les restes de José de San Martin, libérateur de la ville, gardé par des grenadiers de l’armée argentine.
Ensuite, c’est le quartier de Puerto Madero, le plus récent de la ville, du nom de Eduardo Madero, qui son concepteur. Ce port a été aménagé sur le Rio de la Plata. Les docks sont restés en l’état, et quelques grues sont restées sur place, pour la décoration. Il y a un grand pont, articulé au moyen d’un système très ingénieux, qui permet de passer d’une rive à l’autre. Nous apprenons que ce quartier est le plus cher de la capitale.
Au fil de cette visite de Buenos Aires, Elise nous donne de nombreuses et intéressantes explications sur l’historique de chaque quartier. Après un café pris ensemble, nous terminerons la journée en continuant seuls la découverte de la ville.

Vendredi, journée libre. Nous continuons à nous balader dans les rues. Nous découvrons notamment Florida, quartier piéton très animé, dans lequel se trouvent de nombreuses boutiques. Puis le soir, c’est notre premier cours de tango, suivi d’une “noche en Milonga“. Nous avons rendez-vous avec Elise, qui va nous accompagner à ce cours et nous servira de traductrice. Outre ses activités de guide, elle fait également partie d’une compagnie de danse, et donne des cours. Avant de quitter l’hôtel, elle nous fait découvrir le maté, boisson locale que nous partageons avec elle, ainsi qu’une pâtisserie au chocolat (« l’alfajor »).
Puis nous avons une approche du tango pendant une heure, dispensée par deux jeunes professeurs. Il s’agit d’une approche, car nous sommes débutants en tango argentin. Nous apprenons essentiellement à nous déplacer dans la salle, en suivant le rythme de la musique, et à sentir ce que nous demande notre partenaire. Nous devons également faire des « 8 », ce qui ne nous pose pas de difficultés puisque nous les connaissons déjà dans le tango que nous pratiquons en France. A la fin de ce cours, les Porteños (habitants de Buenos Aires) commencent à arriver, pour partager un verre, manger quelque chose, et surtout danser jusque tard dans la nuit. Avant de venir ici, nous pensions que le tango, c’était l’Argentine. Nous découvrons que le tango, c’est BUENOS AIRES. Des danseurs de tous âges se retrouvent dans les milongas qui sont organisées dans différents quartiers de la ville, et certains vont dans plusieurs milongas le même soir. Il y en a plusieurs qui sont ouvertes tous les soirs et pas seulement le week-end. Ici, ce n’est pas le tango « spectacle » que nous avons vu au théâtre Astor Piazzola, c’est un tango moins élaboré, tel qu’il est pratiqué par les habitants. Il n’en est pas moins très technique, et ce n’est qu’une fois cette technique acquise que les danseurs peuvent « improviser » sur la musique qui leur est proposée, et décider quelles passes ils vont interpréter. Il y a des séries de 4 tangos, pendant lesquelles les danseurs restent en général avec la même partenaire, puis une coupure musicale de deux ou trois minutes, puis une nouvelle série de 4. C’est souvent pendant cet intermède musical que les danseurs choisissent leur partenaire pour la série suivante. Nous observons d’un œil amusé les codes auxquels répondent l’invitation à la danse par le danseur et la réponse de la danseuse à cette invitation. Si elle tourne la tête, il faut chercher quelqu’un d’autre.

Samedi journée libre également. Nous déambulons un peu dans les rues, faisons quelques emplettes, puis revenons à l’hôtel pour nous reposer un peu et nous préparer. Le soir, nous avons un cours particulier à l’hôtel, avec Eva, autre danseuse de tango. Ce cours se déroule dans le patio et Eva nous apprend essentiellement à être à l’écoute l’un de l’autre. Nous prenons ensuite un taxi pour aller dans la milonga la plus ancienne de la ville, elle date du 19ème siècle, et est restée dans son état d’origine. C’est un lieu très authentique, duquel il se dégage une ame. Le trajet en taxi restera mémorable. A une vitesse vergineuse, nous traversons la ville. D’une file à l’autre, nous sommes couchés les uns sur les autres dans les virages. A notre arrivée, il y a un orchestre, qui interprète de vieux tangos, dont certains sont connus de nous. Nous dégustons une tortilla en même temps. Puis, place à la danse. Les couples s’élancent sur la piste, pour cette danse qui rythme leur vie et leurs soirées. Ce sont des habitants du quartier qui se retrouvent ici dans une ambiance conviviale. Nous y restons observons les usages et les codes.
C’est la nuit des musées à Buenos Aires, et il y a du monde partout dans les rues. Les argentins vivent beaucoup la nuit. Après nous être imprégnés de l’ambiance de ce lieu, nous sommes raccompagnés par Eva à l’hôtel qui est à quelques centaines de mètres.

Dimanche, journée libre. C’est la « feria de San Telmo », grand marché artisanal qui se déroule chaque semaine dans la rue Defensa. Le quartier est interdit, pour l’occasion, à la circulation. Nous découvrons l’artisanat local, notamment celui du cuir, qui est très présent,et en profitons pour choisir les souvenirs que nous rapporterons à notre famille et à nos amis. Le soir, Eva vient nous chercher à l’hôtel pour nous faire découvrir une milonga en plein air. Le taxi nous dépose à proximité, et nous faisons d’abord un petit tour dans le quartier chinois, tout proche, qui est très animé. Là, nous continuons à approcher de près le tango pratiqué par les porteños, qui se retrouvent nombreux pour s’adonner à leur passion, dans une ambiance chaleureuse. Chacun danse à sa façon, mais pour tous, la technique est là, avec ses différentes variantes. Ce lieu est menacé de disparition, et une pétition est lancée pour le conserver. Nous posons avec tous les participants pour la photo. Cette milonga se termine assez tôt, et nous nous dirigeons vers un autre lieu, dans le quartier de San Telmo, où a lieu une des plus anciennes milongas de la ville, en plein air, sur une placette. Nous prenons un dernier verre avec Eva, et retour à l’hôtel.

Lundi, journée et soirée libres. Jour particulier puisque Christine fête son 60ème anniversaire. Nous nous mettons en quête des derniers cadeaux à rapporter, puis direction le restaurant. Dernière flânerie, puis retour à l’hôtel pour préparer les valises.
Ce séjour est désormais terminé, et nous laissera un souvenir inoubliable. Nous avons apprécié la qualité professionnelle de nos intervenantes. Chloé a organisé toutes les différentes activités avec compétence et une gentillesse discrète. Tout le monde a toujours été ponctuel, y compris les taxis. Elise nous a fait partager avec enthousiasme son amour à la fois de cette ville et du tango. Quant à Eva, elle est imprégnée par le tango dont elle parle avec une grande passion.

Bref, aucune fausse note.
Merci à toutes les trois.
Michel et Christine