Immersion chez l'habitant en Amérique Latine

Séjours sur mesure, chez l'habitant en Amérique Latine

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Un Noël pas comme les autres dans une communauté andine

Un Noël pas comme les autres dans une communauté andine

Alex, notre spécialiste de l’Argentine nous raconte son noël dans une communauté andine dans le nord du pays

Après avoir passé quelques jours à Tilcara j’ai pris le bus de ligne pour rejoindre le village d’Humahuaca à environ 45 minutes de là. J’étais très impatiente de rencontrer Raul, membre de la communauté. À ma descente du bus j’ai été accueillie chaleureusement par Raul, puis nous avons pris la route vers sa communauté à environ 45 minutes de piste du village. Les paysages sont déjà grandioses, puisqu’il vit tout en bas d’une quebrada (rivière entre deux montagnes).

Jour 1

Raul est le seul membre de la communauté à proposer des chambres aux voyageurs. D’autres membres de la communauté proposent d’autres savoir-faire comme la cuisine, l’accompagnement lors de randonnées à cheval ou à pieds etc.

Je profite du petit-déjeuner pour échanger sur le mode de vie des habitants et leurs croyances quant à la religion andine (ou indigène). Ils croient en la Pachamama (Déesse de la Terre), au partage et à l’entraide. Raul cultive ses propres fruits et légumes, sans ingrédients chimiques évidemment.

Nous avons ensuite été nous balader dans la communauté, beaucoup d’entre eux étaient partis au village voir leurs familles pour le 24 décembre. Dans la culture Andine, on ne célèbre pas Noël mais les enfants ont souvent rejoint les villes pour trouver du travail et se sont acclimatés à la culture occidentale. Daniel est resté, il vit à environ 10 minutes à pieds de chez Raul, ils sont cousins éloignés.

Après avoir cueilli des fèves (habas en espagnol), j’ai aidé à la préparation du déjeuner pendant que Raul est allé nous chercher une bonne bouteille de Malbec. Au menu : un ragoût de bœuf. Daniel vient d’emménager dans sa nouvelle maison qu’il a construite lui-même après le décès de ses grands-parents. Ses parents vivent juste à côté, à quelques plantations de là. On a beaucoup échangé sur nos cultures respectives, nos croyances et nos modes de vie. Je me suis rendue compte qu’un monde, voire même une civilisation nous séparait mais que les valeurs telles que le partage et l’échange nous étaient communes.

L’après-midi, nous sommes partis en camionnette au Cerro Hornocal, à environ une heure de piste. Les effets de l’altitude commencent à se faire sentir et l’orage pointe le bout de son nez. On grimpe jusqu’à ce que l’on croise une famille de vigognes. Elles se déplacent en groupe, et il y a toujours un mâle dominant qui se bât avec les autres mâles. Le gagnant reste au sein du groupe, le perdant doit quitter les autres vigognes et retrouver sa fierté ailleurs.

Nous arrivons à environ 4 500 mètres d’altitude, et nous apercevons le Cerro Hornocal (il faut payer un droit d’entrée de 50 ARS, car nous entrons dans une communauté indigène). Officiellement il y a 14 couleurs sur cette montagne, d’autres diront qu’il y en a beaucoup plus. Le spectacle est grandiose, on dirait un tableau au loin. Il est possible de partir en randonnée et de se rapprocher plus près de la montagne, mais le temps n’est pas avec nous et d’après les conseils de Raul il est temps de redescendre.

Après une heure de route, nous avons rejoint la gare routière d’Humahuaca pour aller chercher les filles de Raul. À notre arrivée à la communauté, nous avons préparé le dîner : un asado de lama. La viande de lama est très peu onéreuse ici par rapport au bœuf. À minuit, pour marquer le coup nous avons trinqué avec une bouteille de cidre et du nougat.

Jour 2

Après avoir passé une bonne nuit au calme, il est temps de prendre un bon petit déjeuner en écoutant les histoires passionnantes de Raul. Puis nous sommes partis à quelques mètres de la maison en randonné, au cœur de la quebrada, sur les traces de la culture précolombienne. Raul est passionné par cette époque et par les paysages qui l’entourent. Sa voix raisonnait dans la Quebrada tellement la montagne était haute. Nous avons trouvé plusieurs morceaux de céramiques appartenant à cette époque. Beaucoup d’entre eux comprenaient des dessins de la culture indigène, nous avons essayé de les interpréter. Sur beaucoup d’entre eux, la spirale andine est représentée. Elle incarne le point de départ de la vie dans laquelle nous vivons et le monde infini. Dans la culture andine il est d’usage de dire que les morts partent en voyage, que la vie ne s’arrête jamais et qu’elle se renouvelle sans cesse. Il n’y a aucune fouille archéologique dans cet endroit, faute de moyens financiers, mais nous sommes sûrs d’une chose, c’est que le lieu raconte une histoire datant de plusieurs milliers d’années.

Après avoir passé deux jours chez Raul, et aux côtés de sa famille j’ai énormément appris sur la culture andine bien évidemment, mais aussi sur notre monde à nous. Au final, nous ne vivons pas si loin l’un de l’autre, mais nous vivons de manière complètement différente. C’est une communauté très généreuse, qui revendique le fait de vivre différemment et qui souhaite être un peuple reconnu et aidé par le gouvernement. Si vous souhaitez découvrir le nord-ouest différemment et rencontrer des gens authentiques, faites comme moi, partez chez Raul.

Mes conseils pour un séjour réussi chez Raul :

  • Deux nuits sur places sont nécessaires
  • Accepter le confort rustique de la communauté et le manque de réseau téléphonique
  • Parler un peu espagnol pour pouvoir échanger avec Raul
  • Prévoir des chaussures de randonnées / baskets et une doudoune pour les soirées fraîches. La journée il fait très chaud, ne pas oublier la crème solaire, les lunettes de soleil et un chapeau.

SÉJOURNER CHEZ RAUL