Carnavals de Rio et de Barranquilla en février, Inti Raymi à Cusco le 24 juin, Día de los Muertos au Mexique début novembre : une dizaine de fêtes d’Amérique latine justifient à elles seules de construire un voyage autour d’une date plutôt que d’une destination. Voici notre sélection des plus marquantes, dans l’ordre de l’année, avec pour chacune les dates, le lieu, ce que l’on y vit vraiment et le bon délai pour réserver.
Le calendrier des fêtes d’Amérique latine en un coup d’œil
| Dates | Fête | Lieu | Réserver l’hébergement |
|---|---|---|---|
| 2 février, puis ~2 semaines | Virgen de la Candelaria | Puno, Pérou | 4 mois avant |
| Février ou début mars (du samedi au mercredi des Cendres) | Carnaval de Rio | Rio de Janeiro, Brésil | 6 mois avant |
| Février ou début mars (du samedi au mardi gras) | Carnaval de Barranquilla | Barranquilla, Colombie | 6 mois avant |
| Samedi du carnaval, février ou mars | Carnaval d’Oruro | Oruro, Bolivie | 4 à 6 mois avant |
| Semaine précédant Pâques, mars ou avril | Semana Santa | Antigua, Guatemala | 4 à 6 mois avant |
| 24 juin | Inti Raymi | Cusco, Pérou | 4 mois avant |
| Les deux lundis après le 16 juillet | Guelaguetza | Oaxaca, Mexique | 3 à 4 mois avant |
| 28 – 29 juillet | Fiestas Patrias | Tout le Pérou | 3 mois avant |
| 31 octobre – 2 novembre | Día de los Muertos | Mexique | 4 mois avant |
Les carnavals et la Semana Santa suivent le calendrier de Pâques et changent de date chaque année : vérifiez les dates exactes de l’année de votre voyage, et reconfirmez-les auprès des organisateurs à l’approche de l’événement. Nous avons retenu les fêtes qui ont une portée nationale, une vraie profondeur historique et une expérience accessible aux voyageurs. Chaque région compte en plus ses fêtes patronales et ses foires locales, souvent tout aussi vivantes.
Février, le mois des grandes fêtes d’Amérique latine
Février, et parfois le début du mois de mars, concentre quatre des plus grandes fêtes du continent : la Candelaria à Puno au début du mois, et les carnavals de Rio, de Barranquilla et d’Oruro, qui tombent tous trois le même week-end, juste avant le mercredi des Cendres. Impossible de tout voir : il faut choisir, en fonction de l’ambiance recherchée.
Fiesta de la Virgen de la Candelaria à Puno (Pérou)
En bref : 2 février, avec des festivités qui s’étalent sur environ deux semaines. Puno, sur les rives du lac Titicaca, à plus de 3 800 m d’altitude. Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2014.
La Candelaria est l’une des plus grandes démonstrations de danses traditionnelles d’Amérique du Sud. Elle associe le culte catholique de la Vierge à des éléments de la cosmovision andine, portés par les communautés quechua et aymara de la région. Après la messe et la procession de la Vierge dans les rues de Puno, deux grands concours rythment les jours suivants : l’un consacré aux danses autochtones, l’autre aux trajes de luces, ces costumes brodés et chargés de paillettes. Selon l’UNESCO, quelque 40 000 danseurs et musiciens répartis en environ 170 groupes y participent.
La diablada, avec ses masques de diables cornus qui mettent en scène la lutte du bien et du mal, en est l’image la plus connue, mais la morenada ou les caporales attirent autant de monde. La fête rassemble surtout des Péruviens et des Boliviens et reste peu fréquentée par les voyageurs européens. Sa seule vraie contrainte est l’altitude : passez d’abord deux ou trois jours à Cusco ou dans la Vallée sacrée pour vous acclimater avant de monter à Puno.

Carnaval de Rio (Brésil)
En bref : cinq jours, du samedi au mercredi des Cendres, en février ou début mars. Défilés du Groupe spécial au Sambodrome du dimanche au mardi, défilé des champions le samedi suivant. Premiers blocos de rue dès janvier.
Le carnaval de Rio reste la référence du continent par son ampleur. Comme tous les carnavals d’origine catholique, il précède le mercredi des Cendres et l’entrée en Carême : sa date varie donc chaque année, entre début février et début mars.
Deux carnavals coexistent à Rio, et il vaut mieux savoir lequel on vient chercher. Au Sambodrome, sur l’avenue Marquês de Sapucaí, les douze écoles du Groupe spécial (parmi lesquelles la Mangueira, la Portela, le Salgueiro ou la Beija-Flor) défilent sur trois nuits devant un jury qui les note sur neuf critères, de la bateria au samba-enredo en passant par les chars et les costumes. Dans la rue, les blocos, ces cortèges gratuits emmenés par une fanfare, envahissent le centre, Santa Teresa ou le front de mer de Copacabana, plusieurs centaines chaque année. C’est là que les Cariocas vivent leur carnaval, et c’est souvent la meilleure porte d’entrée pour un voyageur.
Côté logistique, les billets pour la Sapucaí sont mis en vente dès l’été précédent, et l’hébergement se réserve au moins six mois à l’avance : les prix grimpent fortement et les quartiers les mieux placés affichent vite complet. Quartiers, budget, défilé aux côtés d’une école de samba : tout est détaillé dans notre guide complet du carnaval de Rio.

Carnaval de Barranquilla (Colombie)
En bref : quatre jours, du samedi au mardi qui précèdent le mercredi des Cendres, avec la Batalla de Flores le samedi. Pré-carnaval dès janvier. Reconnu par l’UNESCO en 2003.
Souvent présenté en Colombie comme le deuxième carnaval du monde, celui de Barranquilla a surtout un atout que Rio n’a pas : il figure au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Sur la côte caraïbe, il fait se croiser les héritages autochtone, africain et espagnol, à travers des danses comme la cumbia, le mapalé ou le son de negro, et une galerie de personnages masqués devenus emblématiques : la Marimonda au long nez, le Garabato, le Rey Momo.
Le carnaval s’ouvre avec la Batalla de Flores, créée en 1903 pour célébrer la fin de la guerre des Mille Jours : des heures de chars, de groupes folkloriques et de comparsas sur la Vía 40, rebaptisée pour l’occasion « cumbiódromo ». Il se referme le mardi avec l’enterrement de Joselito, personnage imaginaire censé mourir d’avoir trop fait la fête. L’ambiance, plus populaire et familiale qu’à Rio, en fait une très bonne première expérience de carnaval, à condition de réserver tôt : la capacité hôtelière de la ville est vite saturée.

Carnaval d’Oruro (Bolivie)
En bref : grande Entrada le samedi du carnaval, en février ou mars. Oruro, à environ 3 700 m d’altitude. Reconnu par l’UNESCO en 2001.
Moins connu en France, le carnaval d’Oruro est l’autre grande fête andine de février, et l’un des tout premiers éléments distingués par l’UNESCO. Pendant l’Entrada, des dizaines de fraternités défilent en dansant pendant des heures jusqu’au sanctuaire de la Virgen del Socavón, la Vierge des mineurs. On y retrouve la diablada, dont Oruro et Puno se disputent la paternité, la morenada et les caporales.
Puno et Oruro ne sont séparées que par une journée de route via La Paz. Les années où le carnaval tombe début février, les deux fêtes se succèdent à quelques jours d’intervalle : c’est l’une des rares combinaisons réalistes de deux grandes fêtes dans un même voyage.

Semana Santa à Antigua (Guatemala), en mars ou avril
En bref : du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, entre mi-mars et fin avril selon les années, avec des processions chaque week-end du Carême. Semaine sainte du Guatemala inscrite à l’UNESCO en 2022.
À Antigua, ancienne capitale coloniale du Guatemala classée au patrimoine mondial, la Semaine sainte donne lieu à l’une des célébrations religieuses les plus élaborées du continent. Familles et confréries composent au sol des alfombras, des tapis éphémères de sciure colorée, de fleurs, d’aiguilles de pin et de fruits, parfois longs de plusieurs dizaines de mètres, que les processions piétinent à leur passage.
Le Vendredi saint en est le point culminant, avec au matin la procession de Jesús Nazareno de la Merced, dont l’immense brancard est porté à tour de rôle par des centaines de cucuruchos en tunique violette. Les tapis se préparent pendant la nuit : en logeant près du parcours, vous pourrez assister à leur fabrication avant l’aube, un moment souvent plus fort que la procession elle-même. Si vous craignez la foule, les processions des dimanches de Carême offrent la même beauté avec beaucoup moins de monde.
Inti Raymi à Cusco (Pérou), le 24 juin
En bref : 24 juin, chaque année. Cusco, à environ 3 400 m d’altitude. Pleine saison sèche.
L’Inti Raymi, la fête du Soleil, était la principale cérémonie de l’Empire inca : elle marquait le solstice d’hiver de l’hémisphère sud et honorait Inti, le dieu Soleil. Interdite par les autorités coloniales espagnoles au XVIᵉ siècle, elle est reconstituée chaque année depuis 1944 et reste l’un des événements culturels les plus suivis du Pérou.
La cérémonie se déroule en trois temps : au Coricancha, l’ancien temple du Soleil, puis sur la Plaza de Armas, avant de culminer sur l’esplanade de Sacsayhuamán, où plusieurs centaines d’acteurs en costume rejouent les rituels incas. Les places en tribune à Sacsayhuamán sont payantes et partent plusieurs mois à l’avance : on peut aussi suivre la cérémonie gratuitement depuis les collines alentour, mais de loin et en arrivant très tôt.
Tout le mois de juin est d’ailleurs festif à Cusco, et la date se combine naturellement avec le Machu Picchu : juin est la meilleure saison pour découvrir la citadelle, ce qui impose aussi de réserver train et billets d’entrée longtemps à l’avance.

Juillet : la Guelaguetza à Oaxaca et les Fiestas Patrias au Pérou
Guelaguetza à Oaxaca (Mexique)
En bref : les deux lundis qui suivent le 16 juillet. Auditorium du Cerro del Fortín, à Oaxaca.
La Guelaguetza, mot zapotèque qui évoque le don et l’entraide, est la grande fête des cultures autochtones de l’État d’Oaxaca au Mexique. Lors des Lunes del Cerro, des délégations venues des huit régions de l’État présentent leurs danses, leurs musiques et leurs costumes, puis distribuent au public des produits de leur terroir. Pendant tout le mois de juillet, défilés, marchés et concerts animent le centre historique. Une partie des gradins est payante et se réserve dès l’ouverture des ventes ; l’autre est gratuite, pour qui accepte de faire la queue très tôt.

Fiestas Patrias au Pérou
En bref : 28 et 29 juillet, dans tout le pays.
Le 28 juillet, le Pérou célèbre l’indépendance proclamée à Lima en 1821 et le 29 est marqué par le grand défilé militaire de la capitale. Pour un voyageur, c’est moins une fête à voir qu’une date à connaître : drapeaux aux fenêtres, défilés dans chaque ville, mais surtout une semaine de vacances pendant laquelle de nombreux Péruviens voyagent. Sites touristiques, bus et vols intérieurs sont alors plus chargés, et mieux vaut réserver en conséquence.
Día de los Muertos au Mexique, les 1ᵉʳ et 2 novembre
En bref : du 31 octobre au 2 novembre ; le 1ᵉʳ novembre est dédié aux enfants défunts, les angelitos, le 2 aux adultes. Reconnu par l’UNESCO en 2003.
Le Día de los Muertos n’a rien d’un Halloween mexicain. Héritée des peuples préhispaniques et mêlée au catholicisme, cette tradition repose sur une idée simple : pendant ces quelques jours, les âmes des défunts reviennent rendre visite aux vivants. Les familles les accueillent avec des ofrendas, des autels garnis de photos, de bougies, de leurs plats préférés et de cempasúchil, la fleur orange emblématique de la fête. Les spécialités de la période, du pan de muerto aux crânes en sucre, font partie de l’expérience ; nous en présentons plusieurs dans notre article sur les spécialités culinaires du Mexique.
À Mexico, le grand défilé, lancé en 2016 dans le sillage d’une scène du film Spectre, les autels monumentaux du Zócalo, les trajineras de Xochimilco et les rues fleuries de Coyoacán donnent la version spectaculaire de la fête. Pour une atmosphère plus intime, deux destinations s’imposent : Oaxaca, avec ses comparsas costumées, ses marchés et ses cimetières illuminés, et le lac de Pátzcuaro, dans le Michoacán, où les habitants de l’île de Janitzio veillent leurs morts toute la nuit à la lueur des bougies. Dans les cimetières, on entre en invité : discrétion et pas de flash.

Autres fêtes à connaître selon la saison
Si vos dates ne coïncident avec aucune des fêtes ci-dessus, d’autres rendez-vous méritent le détour. Début janvier, le Carnaval de Negros y Blancos de Pasto, dans le sud de la Colombie, également inscrit à l’UNESCO, se termine dans une grande bataille de talc et de peinture. Début mars, Mendoza en Argentine célèbre les vendanges avec la Fiesta de la Vendimia, en pleine saison idéale pour découvrir les vignobles argentins. En août enfin, Buenos Aires accueille le Festival et Championnat du monde de tango, avec des milongas et des concerts gratuits dans toute la ville.
Quelle fête choisir selon votre voyage en Amérique latine ?
Pour un premier voyage en Amérique latine, le Día de los Muertos et l’Inti Raymi sont les plus simples à organiser : moins de foule qu’un grand carnaval, et une date facile à combiner avec les incontournables du pays, villes coloniales mexicaines d’un côté, Machu Picchu de l’autre. Pour l’ambiance d’un grand carnaval sans la démesure de Rio, Barranquilla est le meilleur choix. Pour une immersion dans les cultures andines, la Candelaria à Puno et le carnaval d’Oruro n’ont pas d’équivalent. En famille, privilégiez les fêtes qui se vivent de jour : Semana Santa à Antigua, Guelaguetza, Día de los Muertos.
Comment organiser un voyage autour d’une fête en Amérique latine ?
Construire un voyage autour d’une date change la logique habituelle de préparation. Quatre principes valent pour toutes les fêtes.
Réserver tôt. Comptez au moins six mois d’avance pour l’hébergement pendant les carnavals de Rio et de Barranquilla, quatre mois pour l’Inti Raymi, la Candelaria, la Semana Santa ou le Día de los Muertos. Les places en tribune (Sambodrome, Sacsayhuamán, Guelaguetza) se réservent dès l’ouverture des ventes.
Prévoir des jours autour de l’événement. Les festivités commencent souvent une à deux semaines avant le jour officiel, et la ville elle-même mérite plusieurs jours de découverte en dehors de la fête.
Anticiper l’altitude. Cusco, Puno et Oruro se situent entre 3 400 et 3 800 m : prévoyez une ou deux journées d’acclimatation avant les festivités.
S’appuyer sur un accompagnement local pour accéder à ce qui ne se réserve pas en ligne : défiler avec une école de samba ou une comparsa, partager la préparation d’une ofrenda avec une famille mexicaine, assister à la confection des alfombras d’Antigua. C’est souvent la différence entre regarder une fête et la vivre de l’intérieur.
FAQ : fêtes et festivals en Amérique latine
Quelle est la plus grande fête d’Amérique latine ?
Le carnaval de Rio, au Brésil, par le nombre de participants et de spectateurs. Le carnaval de Barranquilla, en Colombie, est souvent cité juste derrière.
Quel est le mois qui compte le plus de fêtes en Amérique latine ?
Février, parfois prolongé début mars. Les carnavals de Rio, de Barranquilla et d’Oruro ont lieu le même week-end, juste avant le mercredi des Cendres, et la Candelaria est célébrée à Puno à partir du 2 février. C’est aussi la période où l’hébergement est le plus cher dans ces villes.
Combien de temps à l’avance faut-il réserver ?
Au moins six mois pour les grands carnavals, environ quatre mois pour l’Inti Raymi, la Candelaria, la Semana Santa et le Día de los Muertos. Les billets de tribune se réservent dès leur mise en vente.
Quelles fêtes d’Amérique latine sont reconnues par l’UNESCO ?
Parmi celles de ce calendrier : le carnaval d’Oruro (2001), le carnaval de Barranquilla et le Día de los Muertos (2003), le carnaval de Negros y Blancos de Pasto (2009), la Candelaria de Puno (2014) et la Semaine sainte du Guatemala (2022). Le carnaval de Rio, lui, n’est pas inscrit.
Quelle fête choisir pour un premier voyage en Amérique latine ?
Le Día de los Muertos au Mexique ou l’Inti Raymi au Pérou : moins de foule qu’un grand carnaval, une organisation plus simple et une combinaison facile avec les incontournables du pays.
Ces fêtes sont-elles adaptées à un voyage en famille en Amérique latine ?
La plupart, oui. La Semana Santa à Antigua, la Guelaguetza et le Día de los Muertos se vivent surtout de jour. Les défilés nocturnes du Sambodrome et les blocos les plus fréquentés de Rio sont en revanche éprouvants pour de jeunes enfants.
Peut-on combiner plusieurs fêtes dans un même voyage en Amérique latine ?
Rarement. Rio et Barranquilla ont lieu aux mêmes dates. La combinaison la plus réaliste est la Candelaria à Puno et le carnaval d’Oruro, séparés par une journée de route via La Paz, les années où le carnaval tombe début février. Il est aussi facile d’associer une fête à un pays voisin, par exemple l’Inti Raymi à Cusco avec la Bolivie.
Ces fêtes sont-elles sûres pour les voyageurs ?
Elles demandent les précautions de tout grand rassemblement : n’emporter que le nécessaire, surveiller ses affaires dans la foule et privilégier les transports organisés la nuit. Voyager avec un accompagnement local qui connaît le terrain limite fortement ces risques.
Quelle est la fête en Amérique latine la moins touristique ?
La Fiesta de la Virgen de la Candelaria à Puno : malgré son inscription à l’UNESCO, elle attire encore peu de voyageurs internationaux. Le carnaval d’Oruro offre une atmosphère comparable.
Placer l'humain au coeur du voyage : c'est avec cette philosophie que Chloé Proust a fondé Tierra Latina en 2014. Cette véritable amoureuse de l'Amérique Latine vous invite à séjourner chez les habitants de ce sublime continent, de la Péninsule du Yucatán à la Terre de Feu !
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