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Grandeur nature
Voyage Argentine : circuit des incontournables
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2 800€
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Découvrez l’un des plus beaux road trips d’Amérique Latine en Patagonie, entre eaux turquoise, forêts de coihues et silence des Andes. En effet, il y a des routes que l’on ne quitte pas facilement. La Ruta de los Siete Lagos (Route des Sept Lacs) est de celles-là. Entre Bariloche et San Martín de los Andes dans le sud de l’Argentine, elle traverse une succession de lacs aux couleurs irréelles, de forêts denses où l’on ne croise personne et de cols enneigés d’où le regard porte jusqu’à la frontière chilienne. C’est l’une des routes panoramiques les plus remarquables d’Amérique du Sud et sans doute la plus belle de Patagonie.
Voyager sur la Route des 7 Lacs, c’est accepter de ralentir. De s’arrêter sans raison autre que la lumière sur l’eau, ou une troupe de chevaux paissant entre deux volcans. La Patagonie andine impose ses conditions : des paysages d’une intensité rare, une météo capricieuse et une solitude qui peut désarçonner autant qu’elle libère. Mais pour qui sait se laisser surprendre, cet itinéraire sur la Route des Sept Lacs offre quelque chose que peu de routes au monde peuvent promettre : la sensation persistante d’être exactement là où l’on devrait être.
La Route des Sept Lacs (officiellement la RN 234 dans le parc national Nahuel Huapi, puis le parc national Lanín) relie San Carlos de Bariloche à San Martín de los Andes sur environ 200 kilomètres. Elle traverse deux provinces (Río Negro et Neuquén) et serpente à travers une région façonnée par les glaciations pléistocènes, dont les empreintes se lisent encore dans chaque vallée creusée, chaque lac ceinturé de moraines et chaque volcan qui perce l’horizon.
Son nom est légèrement trompeur : ce sont bien davantage que sept lacs qui jalonnent le parcours. Mais sept d’entre eux sont mis à l’honneur par la route elle-même, avec des belvédères, des aires de pique-nique et des accès directs aux berges. Entre ces points d’intérêt officiels, la Route des 7 Lacs continue à surprendre : un ruisseau transparent traverse la chaussée, un condor plane au-dessus des crêtes, un village de quelques maisons en bois annonce une halte inattendue.
Une portion du trajet, aux alentours du lac Falkner, reste encore partiellement non goudronnée. Ce tronçon de ripio (terme argentin désignant les routes de gravier) est en bon état et parfaitement praticable en voiture standard, mais il mérite d’être pris à vitesse modérée, surtout après les pluies d’automne.
Depuis les hauteurs de Bariloche, le Nahuel Huapi impose d’emblée la mesure de ce qui attend. Avec ses 557 km² de superficie et ses reflets qui oscillent entre le bleu de Prusse et le gris perle selon l’humeur du ciel, ce lac glaciaire est l’un des plus grands d’Argentine. Le belvédère du Cerro Campanario accessible par un télésiège depuis la route 77 offre ce que beaucoup désignent comme l’une des vues les plus spectaculaires de Patagonie : le lac s’étire à l’infini, ponctué d’îles boisées, avec en toile de fond la silhouette enneigée du volcan Tronador. Ce premier regard donne le ton du voyage entier.

Son nom dit tout. Le lac Espejo, le lac miroir, mérite sa réputation lors des journées sans vent, quand la surface de l’eau reproduit à la perfection les contours des forêts de coihues et de cyprès qui l’entourent. Situé à mi-parcours de la Route des 7 Lacs, il constitue l’un des arrêts les plus photographiés de la route. Le petit parking aménagé à l’extrémité nord permet de descendre jusqu’à la berge en quelques minutes de marche. L’eau y est d’une limpidité troublante, légèrement teintée de vert pâle par la présence de minéraux volcaniques en suspension.

Le Correntoso doit sa notoriété à une particularité géographique remarquable : la rivière qui le relie au Nahuel Huapi mesure à peine 200 mètres, ce qui en fait l’une des plus courtes du monde à connecter deux lacs de ce calibre. La petite ville de Villa La Angostura, installée sur ses rives, constitue l’une des haltes les plus agréables du parcours. Les eaux du Correntoso sont prisées des pêcheurs à la mouche, attirés par les populations de truites et de saumons qui remontent le courant au printemps. Le lieu dégage une quiétude particulière, renforcée par l’architecture typique des chalets en bois de la région.

Le Villarino est de ceux qu’on traverse sans toujours s’y arrêter, et que l’on regrette d’avoir manqué. Niché dans un couloir forestier dense, il déroule une surface sombre et étroite entre des versants couverts de coihues centenaires dont les branches surplombent parfois la route. Ses eaux sont parmi les plus froides et les plus profondes de l’itinéraire, alimentées par des ruisseaux descendus directement des crêtes. Peu aménagé, sans infrastructure touristique notable, le Villarino s’offre à ceux qui ralentissent : un bord de lac discret, une lumière filtrée, le silence presque total d’une forêt native intouchée.

Son nom (le beau lac) est à la fois une promesse et un euphémisme. Le Hermoso s’étend dans un cadre d’une douceur inattendue après les paysages plus austères qui précèdent : les rives y sont moins abruptes, la végétation plus touffue, et la lumière de fin d’après-midi a la particularité de teinter l’eau d’un reflet mordoré que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur la route. Un sentier peu fréquenté longe sa rive orientale sur environ deux kilomètres, offrant des points de vue en plongée depuis les hauteurs boisées. Le Hermoso est souvent déserté en milieu de journée : c’est précisément à ces heures-là qu’il révèle toute sa grâce.

En entrant dans le parc national Lanín, la végétation change imperceptiblement. Les araucarias, ces conifères préhistoriques aux branches en candélabre, symboles de la région, commencent à apparaître. Le Falkner s’étire dans un cirque de montagnes aux pentes vertigineuses. C’est l’un des lacs les moins fréquentés de l’itinéraire, ce qui lui confère un charme brut et une atmosphère que les lacs plus accessibles de la première moitié du trajet n’ont pas. Le camping autorisé à ses abords invite ceux qui voyagent sans agenda fixe à s’y attarder une nuit entière.

À quelques kilomètres de San Martín de los Andes, le Machónico marque la dernière grande respiration avant l’arrivée en ville. Encadré par des forêts denses où cohabitent araucarias et lengas, ce hêtre austral dont le feuillage vire au rouge sang en automne, il offre des teintes particulièrement saisissantes entre mars et mai. Un sentier longe partiellement ses berges et permet une marche d’une heure dans une forêt native pratiquement intacte. Ce dernier lac est peut-être le plus contemplatif des sept : on y arrive souvent après des heures de route, l’esprit disponible, et il le mérite pleinement.

La question mérite d’être posée sérieusement. Un road trip en voiture de location offre une liberté totale, celle de s’arrêter quand la lumière est belle, de pique-niquer à l’ombre d’un coihue, de rebrousser chemin pour revoir un paysage. Cette autonomie a une valeur concrète sur un itinéraire comme celui-ci, où les plus belles choses se passent entre les arrêts officiels.
Une excursion organisée depuis Bariloche, proposée par de nombreuses agences locales pour un prix compris entre 60 et 90 USD par personne, présente néanmoins des avantages réels. Elle inclut les entrées aux parcs nationaux, libère de la contrainte de la navigation GPS sur des routes où le signal est aléatoire, et permet d’arriver à San Martín avant la nuit tombée sans calcul préalable. Pour un voyageur qui dispose d’une seule journée et ne souhaite pas conduire sur les tronçons en gravier, c’est une option sérieuse.
Mais une seule journée reste insuffisante pour absorber pleinement ce que la route a à offrir. Idéalement, l’itinéraire se parcourt en deux jours, avec une nuit à Villa La Angostura ou en camping dans le parc national Lanín. Cette cadence permet de débuter le matin tôt depuis Bariloche quand les lacs sont à leur plus calme d’explorer quelques sentiers en journée, et d’arriver à San Martín le lendemain en fin de matinée, reposé et disponible à la ville.
Bariloche est accessible par avion depuis Buenos Aires en 2h15 (vols fréquents sur Aerolíneas Argentinas et JetSMART), ou par bus longue distance en 21 heures depuis la capitale un trajet nocturne en cama-suite qui reste l’option la plus économique et la plus confortable pour les voyageurs disposant de temps. Les bus Andesmar et Via Bariloche proposent un service fiable sur cette liaison.
La meilleure période pour effectuer ce road trip s’étend de décembre à avril. L’été austral (décembre-février) offre les journées les plus longues et les températures les plus clémentes, entre 15 et 25°C en vallée. L’automne andin (mars-avril) est souvent cité par les habitués comme la saison préférée : les forêts de lengas se parent de rouges et d’orangés, la fréquentation diminue sensiblement, et la lumière de fin de saison prend une qualité rasante qui sublime les paysages. L’hiver ferme partiellement les routes, et le printemps (octobre-novembre) peut être instable, avec des passages neigeux possibles jusqu’à mi-novembre.
La météo en Patagonie obéit à ses propres règles. Il n’est pas rare de traverser quatre ambiances climatiques dans la même journée : soleil du matin, brouillard de mi-journée, averse brève en début d’après-midi et ciel dégagé au coucher du soleil. Un imperméable compact, des couches de vêtements interchangeables et une bonne tolérance à l’imprévu sont les accessoires les plus utiles du voyage.
La location d’une voiture pour parcourir la route des Sept Lacs revient généralement entre 45 et 70 USD par jour, avec les assurances incluses, ce qui en fait une option flexible et adaptée pour explorer la région à son rythme.
Le coût de l’essence reste relativement modéré, avec environ 20 USD nécessaires pour effectuer l’ensemble du trajet en aller simple entre San Carlos de Bariloche et San Martín de los Andes.
L’accès aux parcs nationaux traversés par la route est payant, avec un tarif compris entre 15 et 20 USD par personne pour les deux parcs principaux.
Pour ceux qui préfèrent une option plus confortable, les excursions organisées au départ de San Carlos de Bariloche coûtent généralement entre 60 et 90 USD par personne, incluant le transport et l’accompagnement.
Côté hébergement, les prix varient selon le niveau de confort, avec des nuitées allant de 40 à 120 USD, que ce soit à Villa La Angostura ou à San Martín de los Andes.
Enfin, il faut prévoir un budget journalier compris entre 80 et 150 USD par personne, hors hébergement, pour couvrir les repas, les activités et les dépenses courantes
Ces estimations sont établies en dollars américains, monnaie de référence pour le voyage en Argentine, et tiennent compte des fluctuations du marché des changes au printemps 2026. Les paiements en espèces restent avantageux dans de nombreux établissements de la région.
À mi-chemin entre Bariloche et San Martín, Villa La Angostura s’impose comme l’une des destinations les plus prisées de la région. Cette petite ville combine une architecture soignée (bois, pierre et jardins fleuris) avec une offre de restaurants et d’hébergements de qualité croissante. Mais c’est surtout son accès direct au parc national Los Arrayanes qui justifie une nuit sur place.
La péninsule de Quetrihué, accessible à pied, à vélo ou en bateau depuis la rive du lac Correntoso, abrite la seule forêt d’arrayanes au monde, ces arbres à l’écorce cannelle et aux troncs torsadés qui forment des allées naturelles dignes d’un conte. La randonnée jusqu’à la pointe de la péninsule (12 km aller-retour) traverse des paysages de forêts tempérées d’une beauté tranquille et aboutit à un belvédère sur le lac Nahuel Huapi que peu de voyageurs atteignent. Pour ceux qui préfèrent l’eau, le kayak de mer le long des berges du Correntoso offre une perspective saisissante sur les forêts immergées et les cols enneigés qui ferment l’horizon.

Cet itinéraire s’adresse en premier lieu aux voyageurs qui ont déjà fait leurs armes en Patagonie et cherchent à en approfondir l’expérience au-delà des circuits balisés. Mais il convient également aux néophytes qui souhaitent aborder la région par une porte d’entrée accessible, sans trek de haute montagne ni logistique complexe. La route est praticable en voiture standard, les hébergements de qualité sont disponibles à chaque étape, et la distance quotidienne reste raisonnable même pour un conducteur peu habitué aux routes de montagne.
Les amateurs de photographie trouveront ici un terrain de jeu exceptionnel, avec des conditions de lumière changeantes qui rendent chaque heure de la journée différente. Les randonneurs intermédiaires pourront enrichir le parcours de plusieurs sentiers balisés dans les parcs nationaux, sans qu’aucun d’eux ne nécessite d’équipement spécialisé. Les voyageurs en couple ou en famille avec de jeunes enfants apprécieront les haltes au bord des lacs, les aires de pique-nique aménagées et le rythme posé que la route impose naturellement.
La Route des Sept Lacs ne se résume pas à un itinéraire géographique. Elle constitue une invitation à changer de registre, à remplacer la vitesse par la contemplation, l’agenda par l’improvisation, le confort prévisible par la surprise d’un paysage qui n’attend pas qu’on soit prêt pour se dévoiler. Entre Bariloche et San Martín, les deux cents kilomètres de route semblent à la fois trop courts et sans fin.
Ne tentez pas de parcourir l’intégralité de la route en une seule journée si vous souhaitez en retirer quelque chose de durable. Quitter Bariloche à l’aube, passer la nuit à Villa La Angostura ou au camping du lac Falkner, et arriver à San Martín le lendemain en fin de matinée : c’est le rythme qui correspond à ce que la route a réellement à offrir. Les voyageurs qui l’ont fait en une journée le regrettent presque tous. Ceux qui ont pris leur temps ne l’oublient jamais. En effet, la Patagonie ne récompense pas ceux qui se dépêchent, elle appartient à ceux qui savent s’arrêter.
Sophie est responsable communication et du contenu web chez Tierra Latina. Cette voyageuse dans l'âme vous partage ses meilleurs conseils et ses coups de coeur pour ses destinations de prédilection : le Chili et l'Argentine !